Trois postes de frais méritent ton attention quand tu détiens un ETF, et un seul est visible en gros sur la fiche : le TER. Voici les trois, comment les lire, et pourquoi ils font une différence considérable sur le long terme.
01Le TER (Total Expense Ratio)
Le TER, c'est le pourcentage annuel prélevé par l'émetteur de l'ETF pour couvrir ses coûts : gestion, dépositaire, audit, marketing. Il est prélevé quotidiennement sur la valeur du fonds — tu ne le vois pas comme une ligne de frais, mais il grignote silencieusement la performance.
Les ordres de grandeur : un ETF indiciel large (MSCI World, S&P 500, EuroStoxx 600) affiche généralement un TER entre 0,07 % et 0,30 %. Un fonds géré activement facture plutôt entre 1,5 % et 2,5 %. Sur 30 ans, cette différence pèse énormément — on y revient plus bas.
02L'écart de suivi
L'écart de suivi (tracking difference) est la différence entre la performance réelle de l'ETF et celle de l'indice qu'il est censé répliquer. En théorie, un ETF doit coller à son indice ; en pratique, il y a toujours un léger écart, positif ou négatif.
Les causes sont multiples : les frais bien sûr, mais aussi les dividendes retenus à la source (pour certains ETF non-européens), les frais de rebalancement lors des rééquilibrages d'indice, et parfois les prêts de titres (qui peuvent rapporter et compenser une partie du TER). Un bon ETF affiche un écart de suivi proche de zéro sur plusieurs années.
03Les droits de garde
Les droits de garde sont des frais annuels prélevés par ton courtier — pas par l'émetteur — simplement parce que tu détiens des titres chez lui. Bonne nouvelle : sur un PEA, la quasi-totalité des acteurs sérieux ont supprimé ces frais depuis quelques années.
Sur un compte-titres ordinaire ou dans certains contrats d'assurance-vie moins modernes, ils peuvent encore exister — souvent quelques euros par ligne détenue et par an, ou un pourcentage de l'encours. Vérifie la grille tarifaire de ton courtier avant d'ouvrir : c'est parfois là que se cachent les vrais coûts.
04Combien ça représente sur 30 ans
Prenons un exemple simple : 10 000 € investis pendant 30 ans avec un rendement brut annuel de 7 %. Sans frais, le capital final serait de 76 122 €. Avec un ETF à 0,30 % de TER, ton rendement net devient 6,70 % — capital final : environ 69 928 €. Différence : 6 194 € partis en frais.
Maintenant, remplace l'ETF par un fonds actif à 1,50 % de frais. Rendement net : 5,50 %. Capital final : environ 49 840 €. Différence avec la version sans frais : 26 282 €. Tu as perdu plus d'un quart du capital final juste sur les frais — pour une gestion active qui, statistiquement, n'aura même pas battu l'indice.
05Les 3 réflexes pratiques
Premier réflexe : compare le TER. À indice identique (MSCI World, par exemple), plusieurs émetteurs proposent des ETF avec des TER différents. Choisir le moins cher est presque toujours la bonne décision.
Deuxième réflexe : vérifie l'encours du fonds. Un ETF avec moins de 100 M€ d'encours peut être risqué (risque de fermeture, écart de suivi plus élevé). Vise plutôt des ETF au-dessus de 500 M€, voire 1 Md€ pour les indices majeurs.
Troisième réflexe : regarde la méthode de réplication (physique ou synthétique) et l'historique de l'écart de suivi sur trois à cinq ans. C'est la marque d'un ETF bien géré.